mercredi, juin 22, 2005

Premier voilier solaire de l'espace a été lancé

Cosmos 1, premier voilier solaire de l'espace, un projet expérimental privé, a été lancé mardi d'un sous-marin russe en mer de Varents sur un missile balistique, a confirmé une porte-parole de la Planetary Society.
Cosmos 1 a été lancé depuis Pasadena (Californie), siège de la Planetary Society, maître d'oeuvre de ce projet américano-russe de 4 millions de dollars financé notamment par les studios de production américains Cosmos.

Avec Cosmos 1 on va tenter de montrer que les rayons lumineux peuvent fournir une source illimitée de propulsion pour des voyages spatiaux, a expliqué Louis Friedman, président de la Planetary Society et directeur du projet. Pesant une centaine de kilos (220,5 livres), Cosmos 1 a été conçu et construit par NPO Lavochkin, une agence spatiale russe quasi-indépendante. Le gouvernement russe fournit le lancement.

Le projet, dont le maître d'oeuvre est la Planetary Society à Pasadena (Californie), fondée en 1980 par l'astrophysicien et écrivain légendaire Carl Sagan, mort en 1996, est en grande partie financé par les studios de production américains Cosmos, créés par sa veuve, Ann Druyan.

Chacune des huit voiles triangulaires, très fines, en Mylar (environ 5 microns, ou un cinquième l'épaisseur d'un sac à poubelle en plastique) ressemblent aux pétales d'une fleur, qui une fois déployées, auront la forme d'un énorme miroir en forme de disque de 30 mètres (100 feet) de diamètre. Le Mylar est un matériau très résistant qui réfléchit la lumière. Cosmos 1 sera alors très visible de la Terre dont il fera le tour en une centaine de minutes. L'ouverture des voiles se fera seulement après une période d'acclimatation du vaisseau et de ses instruments au vide de l'espace. Cette opération est en principe prévue pour samedi soir. "La mise en orbite et le déploiement de la voilure marqueront des étapes clé", a expliqué Louis Friedman, président de la Planetary Society et directeur du projet pour la mission Cosmos 1.

Le principe est relativement simple. Les flux de photons, les particules élémentaires constituant la lumière, rebondissent sur la surface des voiles et, ce faisant, les poussent vers l'avant. Si cette poussée est très faible, elle est constante et cumulative dans le vide de l'espace où aucune friction ne freine ce mouvement. C'est ainsi qu'en cent jours, un voilier solaire spatial peut atteindre 10.000 km/heure et 36.000 km/heure en une année. Après trois ans la vitesse dépasserait 100.000 km/heure ce qui permettrait d'aller jusqu'à Pluton, la plus éloignée des planètes du système solaire, en moins de cinq ans, explique le Planetary Society dans son dossier de presse. Une mission à destination de Pluton, lancée avec engins à moteur chimique, utilisant la gravité de Jupiter pour accélerer, mettrait neuf ans pour atteindre sa destination. La Nasa travaille déjà sur un concept de système permettant de transporter dans l'espace une charge utile de 240 kg (531 livres) tirée par une voilure solaire de la superficie d'un stade de football.

Source: AFP USA/Washington